Le mollusque d'Einstein
L'élasticité de l'espace-temps

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Pour aller plus loin : De la nature des espaces vides

 Les journaux, appliquant le théorème du perroquet à l'envie, l'ont annoncé à grands bruit : des ondes gravitationnelles ont effectivement et enfin été observées. La prédiction de leur existence résulte d'une application directe des équations proposées par la relativité générale. Après la moisson de mesures effectuées par le satellite « Gravity Probe B » lancé en 2004, c'est en quelque sorte la seconde confirmation du fait que la structure d'espace-temps est certes très rigide mais pas indéformable. 

Le mollusque auquel A. Einstein semble avoir parfois fait référence est bel et bien réel à en croire la structure mentale dans laquelle s'inscrivent la science actuelle et les expériences qui lui renvoient son image en miroir.

Ce constat pose cependant désormais trois problèmes fondamentaux :

1°) Qu'est-ce que le vide ?

L'éther luminescent de J. C. Maxwell dont on parlait sans vergogne à la fin du dix-neuvième et au début du vingtième siècle et qu'on voit même être cité dans certains articles de Minkowski (un des professeurs d'A. Einstein) a disparu avec l'analyse des résultats de l'expérience de Morley et Michelson. 

L'école classique lui a finalement substitué la notion plus adéquate de vide pour décrire l'espace-temps séparant les sources des champs.

Pour autant, il semble réapparaitre indirectement : 

(a) à travers les considérations de la théorie de la mécanique quantique qui admet d'une part le principe d'incertitude d'Heisenberg sur les mesures [(position-vitesse) et (énergie-temps)] et son corollaire obligatoire : la notion d'état vide instable et multiple ; et 

(b) à travers les modifications possibles, fussent-elles légères (voir ci-dessus), de ce qu'on appellerait aujourd'hui la structure géométrique dont notre esprit pense qu'elle « tapisse » les régions séparant les sources.

Peut-être plus problématique encore pour la représentation classique de l'espace-temps « séparant » les sources, les sources de la mécanique quantique (les particules) ne sont plus exactement ponctuelles ni totalement localisables mais repérables par une notion de probabilité de présence.

2°) Qu'est-ce que et que vaut notre système de repérage ?

La contradiction apparente entre les deux conceptions décrivant les régions réputées vides obligent à reconsidérer les fondations de la physique théorique ; en particulier la notion de repérage des évènements. L'histoire commence probablement avec celle des humains. On prêtera par facilité l'origine du débat aux idées exposées par Descartes et son évolution majeure à l'école allemande ayant réfléchi à nouveau sur les piliers fondateurs de la géométrie euclidienne à partir de Gauss.

De tous ces travaux il convient peut-être de ne retenir qu'une seule idée : la démarche visant à repérer un évènement s'accompagne d'une opération mentale plus ou moins consciente consistant à plaquer un maillage sur l'espace-temps observé.

Historiquement ce maillage s'appuie sur le triptyque (longueur, largeur, hauteur) qu'on a préféré être orthonormé pour des raisons pratiques assurant de construire des bâtiments bien droits (la verticalité assurée par fil à plomb permettant de construire en hauteur et en équilibre). La perception du vieillissement des êtres et des objets a forcé à y ajouter un paramètre difficile à définir : le temps. Jusqu'aux travaux de la relativité générale, il ne s'agissait que d'un paramètre. Depuis, il s'agit d'une dimension au même titre que les trois premières : c'est la quatrième dimension.

Dans tous les cas de figure, et c'est le credo fondateur de ma recherche, le fait de mailler est une opération réalisée par le cerveau humain, en accord avec sa perception de la réalité physique dans laquelle il vit à travers le corps qu'il commande.

C'est la raison pour laquelle je prétends que les manières dont nous pratiquons la physique sont intimement et presque biologiquement liées à l'environnement écologique dans lequel nous nous développons en tant qu'espèce animale intelligente.

C'est également la raison pour laquelle j'affirme que la notion d'espace-temps est certes très, très, pratique mais arbitraire et illusoire. Plus que de décrire LA réalité, elle décrit comment nous percevons une réalité imposée mais dont la nature exacte et profonde obéit peut-être à de toutes autres lois et systèmes de repérage.

3°) Quelle est vraiment notre réalité ?

Au départ de ses explorations, il n'y a pour l'humain aucune certitude, aucune vérité absolue. Les processus de la vie le font naître dans un contexte qu'il ne choisit pas et que les nécessités de sa survie l'obligent à apprendre à maîtriser. Il n'a pour ce faire que ses cinq sens et son cerveau. Tous les récepteurs lui envoient des signaux l'informant sur la nature de son environnement naturel et son cerveau s'efforce de les décrypter, de les classifier et de les interpréter de telle manière qu'il puisse continuer à vivre.

Aussi longtemps que les processus sensoriels et mentaux combinés lui permettent de développer des stratégies et des expériences dont il s'aperçoit qu'elles lui assurent la survie et des confirmations de ses représentations, il part du principe que ces processus mentaux sont corrects : ce sont ses théories validées par l'expérience. En ce sens : il balise le monde par un jeu d'allers et retours incessants entre ses perceptions, ses analyses et ses projections. La nature est tout à la fois l'émetteur des informations et le miroir de ses croyances.

Pour aller plus loin : De la nature des espaces vides

Page créée le 06 mai 2017 et mise à jour le 07 décembre 2017