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Quoi de neuf? Les sciences en action

Projet : Gravitation quantique dans les espaces de dimension quatre

 La vie des scientifiques n'a jamais été un long fleuve tranquille. Pour preuve, je propose cette petite histoire vraie. A vous de deviner de qui il s'agit.

Sa recherche, elle l'a conduite dans une cave. Aurait-elle eu le prix Nobel si elle avait été un homme ? Nul ne pourra le dire jamais mais le fait est que ses collègues masculins, eux, l'ont eu !

Commençons par le commencement. Elle visite l'école élémentaire puis le collège à Vienne (Autriche). Elle acquiert un certificat en langue française qui lui permettra plus tard de demander une autorisation de séjour. Son père est avocat et elle a six frères et sœurs. Elle débute son cursus universitaire pendant lequel elle étudie la physique, les mathématiques et la philosophie à une époque passionnante. 

Les rayons X viennent d'être découverts ; A. Einstein publie sa version restreinte de la théorie de la relativité ainsi que son hypothèse sur les quanta. Son travail final porte sur la conduction thermique dans les corps inhomogènes. Elle devient la deuxième femme à laquelle est attribué le titre de « docteur ». Ce qui lui donne le droit, en 1906, de devenir l'assistante de l'assistant du chef de laboratoire à l'institut Louis Boltzmann.

Après le suicide de son chef, et après avoir fait la connaissance de Max Planck, elle part vers Berlin où, à l'époque, toute la recherche se fait. Grâce à Henri Rubens, elle atterrit chez Otto Hahn. Elle tombe à pic pour mener les études sur la radiochimie débutante... excepté le fait qu'elle est une femme. Ses chefs trouvent un compromis : elle mènera ses recherches ... à la cave de l'institut !

Un peu avant la première guerre mondiale (1914 - 1918) elle étudie la radioactivité, et notamment les décompositions alpha et beta, avec l'assistant du laboratoire. Puis, en 1912, elle gagne le droit d'être l'assistante du professeur Otto Hahn avec lequel elle travaillera jusqu'en 1938 - exception faite des années de guerre 1915-1917.

1938 : c'est à la fois l'année de la découverte de la fission nucléaire à laquelle ses idées et ses propositions avaient fortement contribué et l'année où elle est contrainte de s'exiler. Le parti national-socialiste intensifie en effet ses pressions. Elle poursuit l'étude des fondements théoriques de la fission nucléaire à Stockholm en Suède. A part une courte apparition à l'université catholique de Washington, elle reste en Suède jusqu'en 1960. Puis elle part vers Cambridge où, en 1966, elle obtient le prix H. Fermi. Elle a alors 88 ans. Elle y meurt en 1968.

Vous ne l'avez pas deviné, parce que personne ne la connaît en France, pas plus probablement que dans son pays d'origine (la partie autrichienne de l'ex empire austro-hongrois). Et puis vous trouverez sans doute à redire aussi au fait qu'elle a travaillé dans une branche que les écologistes détestent : l'énergie nucléaire. Pour autant, les français, même si certains s'en plaignent savent consciemment ou non que les trois quarts de leur électricité est d'origine nucléaire...

La critique est aisée mais l'art est difficile. C'est étonnant de constater à quelle point nous vivons à une époque où les jeunes générations rejettent les acquis durement gagnés par leurs pères sans rien proposer de concret en échange. Cette attitude critique systématique vaut sans doute aujourd'hui à la France de ne plus avoir de représentation écologiste dans sa nouvelle chambre parlementaire !

Et pourtant, l'aspiration est bonne ! La recherche de matériaux originaux et d'énergies nouvelles et une meilleure gestion des ressources actuelles sont une nécessité impérieuse. Mais si certains politiciens pensent encore que ce progrès se fera sans l'aide des scientifiques, et en particulier des « matheux »,... ils se trompent lourdement.

Quelle tristesse pour la France d'avoir encore des politiciens dont les idées se sont figées en 1870 (Voir aussi la page : La population humaine). Madame Lise Meitner (lien externe Wikipédia France) car c'est d'elle qu'il s'agit, j'espère que vous nous pardonnerez... depuis là-haut.

Thierry Periat - page mise à jour le 11 juin 2018.                                                                                                 Actualités du site