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Un essai théorique

© Thierry PERIAT : photos, textes et idées. 

Cordes cosmiques : « Pourquoi ce nom ? »

L’adjectif « cosmique » ne choque pas dès le moment où le propos concerne la cosmologie, c’est-à-dire la recherche de l’existence d’un ordre sous-jacent dans l’univers. En revanche, dans le milieu scientifique, la notion de « corde » évoque rapidement l’ensemble des théories des cordes et génère presqu’aussitôt le désintérêt ou la polémique.

Il y a plusieurs raisons à ce fait. D’abord, il faut être soi-même un passionné des mathématiques et avoir un excellent niveau en cette matière pour pouvoir affirmer sans mentir avoir compris quelque chose à ces théories et aux relations qui les lient entre elles. Elles s’excluent donc elles-mêmes et d’emblée du domaine de la vulgarisation.

Ensuite, la polémique récurrente qui entoure ces théories qui, à en croire certains forums, seraient de stériles élucubrations n’ayant encore donné naissance à aucune application pratique probante, finit de décourager ceux que la curiosité aurait amené à vouloir approfondir le sujet.

En réalité, le fait d’attribuer ce titre à mon site repose sur de toutes autres raisons. J’ai, très jeune, pu voir les premières reconstitutions de la répartition des galaxies au sein du cosmos dans les revues scientifiques que mon père avait tenu à mettre à ma disposition pour éveiller ma curiosité sur les choses naturelles. Ces images me fascinaient à plus d’un titre.

D’abord parce que ces images rendaient d’emblée caduque l’approche visant à restreindre la vision de l’univers à notre seul système solaire. Par leur seule présence, et bien qu’elles aient au début sans doute été de simples visions d’artistes, elles semblaient étendre la vision copernicienne.

Le raisonnement égocentrique des cléricaux du Moyen-âge voulant à tous prix mettre la Terre au centre de tout devait maintenant s’extrapoler en refusant la vision héliocentrique mettant le soleil au centre de l’univers. Elles indiquaient sans détour que, non seulement la Terre, mais notre soleil, voire même notre galaxie n’étaient pas au centre de l’univers observable. Le télescope Hubble et bien d’autres satellites artificiels construits par les humains ont confirmé maintes fois au cours de ces dernières décennies ces images avant-gardistes entr’aperçues au cours de mon enfance.

Ensuite parce que ces images dévoilaient à mon cerveau encore immature la nature filiforme de la répartition des galaxies et des amas de galaxie, donc finalement de la matière dans l’univers.

... voilà pourquoi très tôt dans ma progression j’ai considéré que la science aurait avantage à traiter ces répartitions à travers une analogie avec les cordes élastiques tendues entre deux points fixes.

C’est la raison profonde du choix de mon titre.

Et enfin, il y en a encore une dernière raison, plus subtile, qui n’a rien à voir avec les sciences dures... c’est cette analogie formelle qui peut être faite entre les humains et leurs relations. Si chaque paire d’humains peut s’apparenter à deux points fixes en ce sens que chacun possède un ensemble de caractéristiques propres et invariantes, les sentiments – parfois les ressentiments- qui les unissent plus ou moins forts sont aussi des sortes particulières de cordes auxquelles il convient d’apporter toute notre attention si nous voulons continuer à vivre ensembles.

Enfin, à l’époque où j’ai écrit le document "Vacuum and Strings", les communautés scientifiques ne s’intéressaient pas encore beaucoup aux réseaux. Personne n’avait encore osé comparer les galaxies aux cellules neuronales, les amas filiformes de galaxies aux dendrites et les amas de galaxies à des noyaux cellulaires.

Aujourd’hui, en regardant encore et encore ces images, la comparaison saute aux yeux. Peut-être chacun d’entre nous n’est-il rien de plus que l’équivalent d’un quark ?

Enchevêtrement végétal mimant l'enlacement des amas galactiques
Enchevêtrement végétal mimant l'enlacement des amas galactiques