Un sens à la vie
Hommage à Stephen Hawking

Au revoir Monsieur Stephen Hawking .... mais revenez-nous vite, ne serait-ce que par la pensée!

 Face au miroir sans merci de la vie qui nous renvoie jour après jour la question de l'utilité de nos faits, gestes et croyances, il m'arrive fréquemment d'interroger le fond de ma conscience et de lui demander à quoi peut bien servir la quête apparemment insensée de vérités cachées.

Peut-être est-ce parce que l'univers est régi par des lois et qu'un grand nombre d'entre elles échappe encore à notre perspicacité ? Mais pourquoi vouloir absolument les découvrir ? Pourquoi chercher à comprendre, par exemple pourquoi le budget énergétique ne colle pas avec les règles qui nous sont déjà connues (le très populaire problème de la matière et de l'énergie sombre) ? D'où nous vient cette soif de savoir, cette volonté d'aller voir ce que cachent les zones d'ombre de nos connaissances ? Pourquoi chercher tout simplement ? Il serait si simple de mettre un pied devant l'autre et d'humer l'air frais et printanier du matin !

Je ne sais. Ce que je sais, c'est que cette quête m'épuise et m'isole. Le statut social restant un facteur prédominant au sein de l'espèce animale nommée « homo sapiens », le temps qui passe me rappelle sans cesse mon absence de diplôme. Et s'il n'était quelques esprits anglo-saxons chérissant encore la liberté d'opinion et d'agir, cela ferait bien longtemps que cette aventure aurait pris fin.

Le monde actuel, aux frontières des classes sociales, rajoute actuellement celles des divergences nationales et nationalistes. Home sapiens sombre une fois de plus dans les travers qui tendent à le mener à la guerre perpétuelle avec ses semblables. L'agressivité, la jalousie et le goût pour la chapardise le mène à préférer voler son voisin puis à le détruire pour ne pas avoir à faire lui-même l'effort de la découverte ni à en partager les fruits.

La logique voudrait alors que le voisin cache sa connaissance, au mieux la vende mais et surtout la défende des regards extérieurs. Mais comment la vendre quand on a pas la carte de visite que fournit un diplôme universitaire, de professeur pour vous parrainer, de commercial pour vous conseiller une stratégie de marketing, un informaticien pour vous protéger des hackeurs professionnels, ni de garde du corps pour vous éviter de vous faire descendre en plein jour comme un vulgaire lapin de civet ?

Ce que je sais c'est que l'humanité, ce lent processus menant homo sapiens du stade de singe à celui de Sphinx, reste un très lent mouvement traversant les générations. Son très faible rendement a fini par faire comprendre l'extrême utilité de créer les écoles ; ces lieux privilégiés où les plus anciens ou les plus expérimentés prennent un peu de temps pour faire passer aux plus jeunes ou aux plus faibles un peu de ce savoir indispensable à survivre face aux agressions de la nature ou des autres tribus.

Gageons qu'avec le temps, il ne sera un jour plus nécessaire de craindre les autres tribus et qu'il deviendra possible de consacrer nos énergies musculaires et psychiques en direction des jeunes pousses pour leur transmettre ce que nous faisons de mieux sur Terre : apprendre à nous écouter, à nous respecter mutuellement et à comprendre que nous ne pourrons survivre qu'ensembles.

Je veux donc en ce jour saluer la mémoire de Stephen Hawking qui a eu le courage de lutter si longtemps contre une terrible maladie, l'élégance de nous quitter le jour de la fête non-officielle du nombre pi mais, et surtout, de donner à des millions d'entre nous ce goût pour les sciences.

Thierry PERIAT, le 14 mars 2018.