Editorial
Le texte et l'esprit du texte

Cordes cosmiques : les raisons d’un titre

 J’ai, très jeune, pu voir les premières reconstitutions de la répartition des galaxies au sein du cosmos dans les revues scientifiques que mon père, très attentionné, avait tenu à mettre à ma disposition pour éveiller ma curiosité sur les choses naturelles. Ces images me fascinaient et me fascinent encore à plus d’un titre.

D’abord parce qu’elles rendaient d’emblée caduque l’approche visant à restreindre la vision de l’univers à notre seul système solaire. Par leur seule présence, et bien qu’elles aient au début sans doute été de simples visions d’artistes, elles semblaient étendre la vision copernicienne (voir sur Wikipédia France la page dédiée à Copernic). Le raisonnement égocentrique des cléricaux du Moyen-âge voulant à tous prix mettre la Terre au centre de tout devait maintenant s’extrapoler en refusant la vision héliocentrique mettant le soleil au centre de l’univers. Elles indiquaient sans détour que, non seulement la Terre, mais notre soleil, voire même notre galaxie (la voie Lactée – lien Wikipédia France) n’étaient pas au centre de l’univers observable.

Le télescope Hubble (site Wikipédia – France ; voir aussi le site officiel hubble.org) et bien d’autres satellites artificiels construits par les humains ont confirmé maintes fois au cours de ces dernières décennies ces images avant-gardistes entr’aperçues au cours de mon enfance.

Ensuite parce que ces images dévoilaient à mon cerveau encore immature la nature filiforme de la répartition des galaxies et des amas de galaxie, donc finalement de la matière dans l’univers... voilà pourquoi très tôt dans ma progression j’ai considéré que la science aurait avantage à traiter ces répartitions à travers une analogie avec les cordes élastiques tendues entre deux points fixes. C’est la raison initiale du choix de mon titre et la démarche ayant justifié l’écriture du document "Vacuum and Strings" (visible sur ma page externe researchgate.net) dont la traduction française peut être lue sur ce site dans sa partie consacrée à décrire ma vision des espace-temps vides.

A l’époque où j’ai écrit ce document, les communautés scientifiques ne s’intéressaient pas encore beaucoup aux réseaux. Internet n’existait pas ou à peine. Personne n’avait encore osé comparer les galaxies aux cellules neuronales, les amas filiformes de galaxies aux dendrites et les amas de galaxies à des noyaux cellulaires. Pourtant, aujourd’hui, en regardant encore et encore ces images, la comparaison saute aux yeux. Peut-être chacun d’entre nous n’est-il rien de plus que l’équivalent d’un quark suspendu entre deux infinis?

Sur le plan scientifique, les théories des cordes continuent de susciter d’âpres discussions ; les décideurs et les sponsors s’interrogent notamment sur l’absence alarmante d’avancées dont elles pourraient revendiquer la paternité.

Pourtant, comme l'illustrent bien certaines recherches récentes (voir sur ce site l'article dédié à l'étude de la vitesse des neutrinos), ces théories commencent à pouvoir être confrontées à la réalité, par exemple dans le domaine de l’astronomie. Elles font donc l'objet d'un procès injustifié et les difficultés techniques gigantesques auxquelles elles sont associées ne devraient pas repousser les volontaires ; d’autant plus que notre époque a besoin de passionnés pour résoudre tous les problèmes théoriques et pratiques laissés en suspens.

Et enfin, il y en a encore une dernière raison, plus subtile celle-là, qui n’a rien à voir avec les sciences dures... c’est cette analogie formelle qui peut être faite entre les cordes et les relations humaines. Si chaque paire d’humains peut s’apparenter à deux points fixes en ce sens que chacun possède un ensemble de caractéristiques propres et invariantes, les sentiments qui les unissent (ou malheureusement parfois les ressentiments qui les divisent) plus ou moins forts sont aussi des sortes particulières de cordes auxquelles il convient d’apporter toute notre attention si nous voulons continuer à vivre ensembles. L’actualité française de cette fin d’année 2018 nous en donne une bien triste démonstration.

Pour autant, s’il n’est probablement pas possible de faire des mathématiques sans connaître le fond de sa propre psyché, ce site n’a pas pour vocation de commenter les affres de mon pays. Il se fixe pour but d’éveiller la curiosité scientifique et de donner les premiers outils nécessaires à l’étude des sciences. Son ambition est de vous faire partager mon expérience en la matière et, au passage, de proposer à votre analyse une théorie se plaçant dans le cadre d’un approfondissement des algèbres de Lie. Après avoir lu ses motivations, vous comprendrez vite pourquoi elle se focalise en fait sur une extrapolation de la notion de division.

« Comment déformer les produits de deux vecteurs puis les diviser ensuite ? » est la question pouvant résumer l’ensemble des explorations mathématiques à découvrir ici. Bonne lecture.

© Thierry PERIAT, 04 décembre 2018.