Entre deux infinis
Comment l'ordre naît-il du chaos?

© Thierry PERIAT : Textes,idées et photos (Musée Marc Chagall - Nice - vitrail ; lien externe Wikipedia France)

Notre vie s’échelonne entre l’infiniment petit et l’infiniment grand ; Pascal en son temps l’avait déjà remarqué. C’est vrai à deux titres au moins.

Tout d’abord parce que notre taille se situe de facto entre celle des gluons et celle des amas galactiques. Ensuite parce que nous sommes nous-mêmes constitués de vide interatomique que presque rien ne distingue du vide interstellaire.

Nous vivons entre deux infinis qui sont tout à la fois en dehors et en dedans de nous. Mieux que Gulliver et tel un anneau de Moebius -dont chacun croit qu’il a deux bords alors que l’observation attentive révèle qu’il en a un seul- notre modeste entité est moins éloignée des deux infinis qu’elle ne le croit et nous ne faisons avec eux finalement qu’un.

Ce qui nous constitue c’est un code génétique. Il fixe indirectement les limites topologiques des mouvements des molécules dont nous sommes bâtis en respectant les règles physiques habituelles. Nous avons une forme, tout a une forme, c’est certain, et le code détermine les constituants ainsi que la logique de leur assemblage – il semble spécifique à chaque espèce. Mais le code connaît-il quelque chose sur les forces de van der Valls ?

Il reste étonnant de constater que quelques molécules d’ADN arrivent à organiser des galaxies de molécules en un tout à peu près ordonné qui survit aussi longtemps que l‘ordre sous-jacent persiste. Les multitudes cellulaires apparemment éparses s’organisent en corde neuronale, tube digestif, membres, etc.

Certes il n’est pas raisonnable de comparer la mitose cellulaire avec l’agrégation des poussières célestes. Pour autant : que le scénario exact de la création des étoiles, des planètes et des comètes s‘apparente à la mitose cellulaire ou relève de la rupture d’équilibre des états vides métastables (une vision alternative), il semble intellectuellement honnête de continuer à s’interroger sur les raisons présidant à l’existence de réseaux intergalactiques ; plus généralement : sur les lois régissant les équilibres subtils entre ordre et chaos.