La-reconnexion-magnétique
Un pas de plus vient d'être franchi dans la compréhension d'un très vieux problème de physique

Pour en savoir plus 

Electron magnetic reconnection without ion coupling in Earth's turbulent magnetosheath, Nature (2018) ; nature.com/articles/doi:10.1038/s41586-018-0091-5.

Credit: NASA's Goddard Space Flight Center - Cette vidéo est dans le doamine public.

Résumé français inspiré de l'article initial

Quand le vent solaire -qui n'est en fait qu'un flot de particules chargées électriquement émises par le soleil- vient se heurter à la protection magnétique terrestre, il génère des tourbillons magnétiques s'étendant sur des centaines de milliers de kilomètres.

La mission américaine MMS vient de découvrir par quel moyen surprenant cette immense quantité d'énergie est dissipée. Concrètement, elle est convertie en jets d'électrons de haute énergie chaque fois que les champs magnétiques sont rompus et se reconnectent.

Cette découverte devrait aider les scientifiques à comprendre le rôle que joue la « reconnexion magnétique » (un vieux problème de physique mathématique) en d'autres endroits de l'espace, par exemple à la périphérie du soleil. En effet, personne ne peut expliquer aujourd'hui l'extrême température de la couronne solaire, ni la vitesse supersonique du vent solaire. Ce sera d'ailleurs l'objet de la future mission spatiale PSP dont le lancement est prévu à l'été 2018.

Pour autant, comme la reconnexion est un phénomène universel, tout ce que les scientifiques apprennent sur lui dans l'environnement immédiat de notre aire de vie (la Terre) peut être extrapolé à d'autres zones plus lointaines de l'univers.

MMS a essentiellement découvert une nouvelle procédure de reconnexion qui diffère profondément de celle se déroulant dans la proximité immédiate et relativement calme de la Terre. Cette nouvelle procédure ouvre des perspectives nouvelles aidant à comprendre les phénomènes de dissipation de l'énergie au sein du cosmos.

La mission MMS consiste en un ensemble de de quatre satellites artificiels identiques volant en formation tétrahèdrale serrée. Cette disposition relative et l'instrumentation embarquée (bien plus sensible que lors des missions analogues précédentes) permettent d'observer ce que personne n'avait pu voir avant et de reconstituer la topologie du champ magnétique terrestre en trois dimension.

En dépit des progrès technologiques, les instruments de mesure embarqués restent encore trop lents pour observer en direct le phénomène de reconnexion lui-même. Cette observation nécessiterait des appareils capables de capturer les images de films ultrafins constitués de particules animées d'une très grande vitesse.

Les imperfections techniques ont été compensées par un système d'interprétation (First Plasma Investigation) des images littéralement capable de « lire entre les lignes (de champ) ».  

page créée le 10 mai 2018