Métaphysique
La recherche fondamentale

© Thierry PERIAT : Textes, idées et images

Les sciences fondamentales : "Est-ce utile et nécessaire? " La question revient comme une ritournelle sur les quelques forums acceptant de placer la ligne directrice de leurs préoccupations à mi-chemin entre philosophie et physique.
On pourrait considérer cette interrogation comme superflue. C'était d'ailleurs jusqu'à peu mon point de vue d'amateur passionné et donc un tantinet naïf. Pourquoi devrions nous douter un instant de la nécessité de consacrer une partie de la ressource inventive humaine à l'étude des lois naturelles ?
Sans cette quête de l'essentiel et sans ses retombées nos sociétés seraient restées à l'âge de pierre. Pas d'électricité pour éclairer nos domiciles, nos rues, nos entreprises et nos hôpitaux. Pas d'antibiotiques pour soigner nos infections. Pas de béton armé pour construire nos immeubles même en plein hiver. Pas de véhicules pour transporter nos charges, nos productions et nos personnes, etc, etc.
En réalité le débat ne se maintient pas à cause d'un doute sur l'utilité première de ce type de recherche mais à cause des orientations qui lui sont données par des organes de décision à une époque précise. Et il persiste parce que la recherche, comme toutes les activités humaines, est désormais monétisée. Elle a un coût, fût-elle noble parce que destinée à l'amélioration de la condition humaine.
La question n'est donc pas tant de savoir s'il faut chercher ? Mais sur quoi il faut le faire. Avec quelle intensité ? Pour obtenir quel type de résultat ? Dans quel délai limite ?
La réponse apportée à ces interrogations dépend de l'état d'avancement des acquis scientifiques et des priorités politiques adoptées par chaque pays.
C'est l'endroit où la dispute humaine bat son plein. Le résultat ressemble bien souvent à un compromis entre les rêves des scientifiques, les disponibilités financières momentanées et l'arbitrage politique. Chacun y trouve plus ou moins bien son compte.
On peut pleurer sur le fait que les stratégies des états privilégient plus volontiers le militaire que l'utilitaire humanitaire (l'éducation, la santé...) et que l'âme de certains progrès trouve encore et toujours ses racines dans la volonté de détruire ses ennemis réels ou présupposés.
C'est pourtant ainsi que vivent les hommes depuis la nuit des temps. Espérons que les recherches leur démontreront un jour prochain clairement qu'il n'y a aucun gain durable à bâtir son futur sur la défaite des autres. Sauf à vouloir vivre dans une ambiance de vendetta éternelle. Ce qui ne serait vraiment pas un progrès !