Préambule
Conseils aux futurs chercheurs

© Thierry PERIAT : Textes, photos et idées

Début 2004, animé par une soif de vivre et motivé par le fait de devoir urgemment me reconvertir professionnellement suite à un avc, j'ai cru à l’élasticité de mes capacités cérébrales, ressuscité ma vieille passion pour la physique mathématique, ressorti des tiroirs quelques vieux travaux datant de l'époque où j'avais préparé les concours d'entrée aux grandes écoles d'ingénieur et décrété d'être « chercheur ».

Dans ma lancée, ne doutant absolument de rien, j'ai même tenté de présenter le fruit de mon travail balbutiant à certains professionnels. Plus récemment, après pratiquement quatorze années d'étude en solitaire, j'ai renouvelé ma tentative auprès de divers journaux professionnels. Autant ne pas vous faire attendre inutilement et vous le dire tout de suite : mes travaux ont été rejetés.

Le choc de la désillusion étant passé, je me suis mis à analyser mon échec. En réalité, ces coups d’épée dans l’eau ne tiennent pas tant au contenu effectif de mes travaux (ils sont, par certains aspects, intéressants et actuels) mais à un ensemble de critères relatifs à mon contexte socio-professionnel. Tout comme au cours des siècles passés où il n’était pas possible qu’un tailleur de pierre devienne boulanger du jour au lendemain, et malgré tous les discours médiatiques sur la flexibilité du travail ou sur l’éclectisme des formations, tout n’est pas permis. Tout bien réfléchi, la réaction de ces journaux est totalement logique. Pourquoi ? C'est ce que je vais tenter de vous expliquer ici sans polémique.

A) Le diplôme (le pédigrée)

Tout d'abord, concernant la physique mathématique, je ne suis qu'un autodidacte ; ma recherche est celle d'un solitaire passionné et original. Ma formation d'origine est celle d'un chirurgien-dentiste (doctorat d'état de l'Université René Descartes - Paris V) équipé depuis 2007 d'un certificat de PCR (personne compétente en radioprotection - spécialisation dentaire). Je suis désormais en préretraite. Je n'ai donc pas de diplôme officiel en physique théorique. Ce handicap est désormais éliminatoire. Vous l’avez compris : il n’y a pas de place pour les amateurs dans le monde scientifique professionnel. Ceci tient essentiellement au fait que les disciplines concernées servent de support à des applications concrètes et rémunératrices pour l’industrie.

B) L’appartenance à une collectivité (Le vivre et travailler ensembles)

Ensuite, parce que la recherche se fait aujourd'hui en groupe et qu’elle comporte obligatoirement un volet expérimental qu'il n'est pas possible de réaliser sur un coin de sa cuisine. C'est un travail collectif et bien souvent coûteux difficile à financer seul, sans apports financiers extérieurs.

Le sujet étudié doit être dans la continuité d'une lignée de problèmes dont les dernières étapes restent à débroussailler et seront justement le sujet de votre thèse. Choisir son sujet seul, sur une intuition sortie d'on ne sait où : ceci ne se fait pas, ou plus (voir page dédiée sur ce site).

C) Les techniques de rédaction (L'art de se faire comprendre)

Enfin, parce que les articles présentés n'avaient peut-être ni le niveau nécessaire, ni le formalisme souhaité. En effet, malgré les innombrables heures libres consacrées à apprendre et à vous faire partager ma passion, comment ai-je pu un instant croire pouvoir rattraper cent cinquante années de recherche ?

Moyennant quoi, et c'est le but de cette rubrique, les erreurs et les expériences malheureuses des uns peuvent enrichir le parcours des autres et, je le souhaite, leur faciliter une ascension professionnelle réussie.

D) La connaissance de l’anglais (L'art de toucher le plus vaste public possible)

Comme la majorité des articles sont aujourd’hui écrits en anglais/américain, je vous recommande la lecture attentive des textes dédiés au sujet (aide à la rédaction des articles scientifiques).

Bonne lecture et bon courage pour vos futurs efforts.